Que la colonisation bactérienne à laquelle nous sommes soumis soit importante pour l’intestin, il n’y a plus de doute, mais nous commençons à percevoir une implication de la flore bactérienne intestinale également dans d’autres domaines. C’est pourquoi la recherche sur le rôle du microbiome de l’intestin grêle et du côlon dans la modulation de la fonction cérébrale a rapidement augmenté au cours de ces 10 dernières années, principalement dans des modèles animaux. Les tests cliniques et précliniques semblent conférer une clé possible au microbiome en tant que facteur de susceptibilité aux troubles neurologiques. Et notamment à la maladie d’Alzheimer, aux troubles du spectre de l’autisme, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et les accidents vasculaires cérébraux. Bien que les études cliniques transversales renforcent le concept du microbiome altéré comme élément contribuant à la physiopathologie de ces maladies, l’interprétation de ces données est souvent difficile étant donné que sa composition est influencée par divers facteurs tels que l’alimentation et l’exercice.

De nouvelles études longitudinales et des essais contrôlés randomisés sont nécessaires pour savoir si la modulation du microbiome, entre autres avec l’utilisation de microbiotiques hautement concentrés, peut donc être pleinement incluse en tant que nouvelles stratégies thérapeutiques pour les troubles neurologiques. Les approches de la biologie des systèmes seront également importantes pour l’intégration des résultats cliniques, actuellement très prometteurs dans ce sens, avec des ensembles de données génomiques et métabolomiques de cohortes cliniques avec des maladies neurologiques pour arriver à la rédaction d’un traitement individuel.

Pr De Simone, A propos